Ann in the studio

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David Hockney est peintre et photographe, c’est une figure du mouvement Pop Art des années 1960. Il est inspiré par Picasso, Francis Bacon, et s’intéresse à l’abstraction. Dès 1960, David Hockney mêle figuration et Pop Art dans ses toiles. En 1963 il s’installe en Californie, son œuvre devient alors plus autobiographique. Il réalise à cette époque des portraits des personnes qui l’entourent, des scènes d’intérieur, des piscines de Beverly Hills. Dans les années 70, il crée des décors de théâtre pour le Metropolitan Opera à New-York. Il s’oriente ensuite vers la réalisation de collages et de gravures.
Depuis les années 80, il fragmente d’avantage ses images, grâce à la technique du photo-collage. Aujourd’hui âgé de 82 ans il continue la peinture grâce aux techniques nouvelles propres à notre époque : ipad et iPhone.
David Hockney travaille beaucoup à l’aide du polaroïd, confrontant ainsi le réel à l’artificiel, esquissant ou caricaturant ses amis, ses amours qu’il met en scène, revisitant par la même occasion la notion de perspective ce que l’on peut observer dans la gravure Ann in the studio.

Dinosaure 00:00

En résidence sur l’île d’Aix Rafaela Lopez découvre les légendes et rumeurs qui habitent les lieux.

Ses rencontres et échanges avec les habitants de l’île vont faire ressurgir des histoires réelles ou fantasmées. L’artiste va s’emparer de la légende du Dinosaure, nom d’une boite de nuit éphémère ouverte en 1994 par un couple de femmes artistes, qui seraient depuis restées cachées dans la forêt.

Left

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 On ne présente plus Philippe Dupuy aux amateurs de bande dessinée. Il a commencé à publier dès ses études aux Arts décoratifs de Paris, en 1979, et n’a jamais cessé depuis, en France comme en Belgique. Il a partagé, en 2008, le grand prix d’Angoulême avec son complice Charles Berberian : ils ont en effet co-signé d’innombrables ouvrages depuis 1983, albums bien sûr, mais aussi livres d’artiste, sérigraphies et / ou lithographies.

C’est justement une lithographie qu’il propose dans le cadre de la commande Emanata. L’image se présente comme la page d’un journal intime. Le « collage » de photolithographies emprunte à un album de famille, au sens strict — la vue de plage a été prise dans les années 1920 par son grand-père — comme au sens figuré : les photogrammes d’algues et de coquillages sont un hommage à Man Ray, l’un des maîtres de Philippe Dupuy.
Les notes renvoient, quant à elles, à un épisode autobiographique douloureux — une paralysie temporaire
de la main droite — qui a conduit l’artiste à dessiner plusieurs mois de la main gauche, et à laisser advenir sous sa plume des figures malhabiles. Le titre de l’œuvre, Left (en anglais, « left », c’est bien entendu la gauche, mais c’est aussi le participe passé de « to leave », « laisser », « lâcher prise »), met le spectateur sur la voie de cette source cachée, tout comme le texte intégré à l’image, qui évoque l’« oubli du geste coutumier », le « membre fantôme » et la « main qui sait ».
Il faut pour déchiffrer ces mots faire un effort. Ils sont, pour la plupart, écrits en miroir, inversés de droite à gauche, comme font les graveurs sur leurs planches pour que l’impression restitue textes ou signatures à l’endroit. Philippe Dupuy réussit le petit prodige de nous parler de lui — et en réalité de nous parler de nous — tout en commentant le procédé qu’il utilise, dans un geste aussi profond qu’il est élégant et léger. A. B.

Philippe Dupuy est né en 1960 à Sainte-Adresse. Il vit et travaille à Bruxelles.

Lithographie et photolithographie sur papier BFK Rives 270g, 5 passages couleur.
Œuvre réalisée en collaboration avec Bruno Robbe à l’atelier Bruno Robbe, Frameries (Belgique).

Cette œuvre a été réalisée dans le cadre de la commande Emanata.
Confiée à des auteurs de bande dessinée et à des artistes la commande d’œuvres d’art imprimé, Emanata* dévoile douze créations originales qui témoignent de la singularité de la création contemporaine et des images. Initiée par le ministère de la Culture dans le cadre de « BD 2020, l’année de la bande dessinée », cette commande, portée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en partenariat avec l’Association de développement et de recherche sur les artothèques (Adra) et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, d’Angoulême, vise à souligner les liens qu’entretient la bande dessinée avec les arts visuels dans la création contemporaine. Les artistes retenus, par un comité de sélection composé de représentants des commanditaires et des artistes Marion Fayolle et Jochen Gerner, affirment
leur appartenance à l’imaginaire et aux codes de la bande dessinée et de l’image graphique et développent des recherches prospectives et expérimentales. Dans la lignée de Nouvelles Vagues (2010–2018) et de nombreux autres programmes de commande menés depuis 1989, Emanata* crée également un terrain de rencontres et d’échanges de savoir-faire entre artistes et artisans d’art, tout autant passeurs d’images et d’imaginaires.
Les œuvres réalisées sont conservées au sein des collections du Cnap, des artothèques et de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image et viennent enrichir un patrimoine vivant. Destinées par essence à être diffusées largement, les six cent soixante-cinq estampes sont mises à la disposition à la fois
des administrations ou des services de l’État mais aussi des emprunteurs des artothèques. Ce deuxième partenariat avec l’Adra — le premier ayant donné lieu à la commande de multiples Quotidien, en 2019 — permet à nouveau de faire circuler des œuvres de l’espace collectif vers celui de l’intime et de toucher ainsi un public élargi.

Sans titre (sucette)

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Jérôme Dubois publie son premier ouvrage, Jimjilbang, en 2014 chez Cornelius, où s’impose une écriture ciselée à la limite de l’abstraction, laissant déjà une grande place au dessin. On y trouve également l’intérêt de l’auteur pour les relations des individus à l’architecture des villes. À l’origine projet de diplôme de fin d’études à la Haute École des arts du Rhin (Hear) de Strasbourg, Jimjilbang propose une fiction inspirée d’éléments autobiographiques. Elle dépeint, à travers le récit désenchanté d’un voyage en Corée du Sud, la peur de l’inconnu et l’incapacité à s’adapter. Les titres suivants, Tes yeux ont vu (Cornélius, 2017), Bien normal (Cornélius, 2018), Citéruine (Matière, 2020) et Citéville (Cornélius, 2020), poursuivent l’exploration circonspecte d’un monde sombre et angoissant, très proche du nôtre.

Réalisée en sérigraphie et linogravure, Sans titre (Sucette) prolonge ce travail sur l’espace urbain et l’abstraction en abordant l’usage des images dans la ville, notamment publicitaires. Ainsi, au cœur d’une architecture dénuée de toute présence humaine, Jérôme Dubois a posé un panneau d’affichage dit sucette (120 × 176 cm). Il crée au centre de la composition un rectangle opaque dénué de message, une abstraction monochrome qui répond au jeu géométrique des fenêtres et des architectures environnantes. Le monolithe est entouré d’une étrange structure ovoïde, seule présence colorée, traitée ici en dégradé uniforme par la technique de l’encrage au rouleau.
« Les affiches […] qui criblent les villes de fenêtres colorées et incontournables sont pour moi d’excellents marqueurs de notre époque », précise Jérôme Dubois. « Bien que vidés de leur contenu, ces objets omniprésents conservent leur force évocatrice, tout en ayant perdu leur vocation d’origine […]. Ils constituent
à mes yeux des balises de la navigation urbaine. » Y. P.

Sérigraphie couleur en dégradé manuel et linogravure sur papier Rivoli 250g, 1 passage noir.
Œuvre réalisée en collaboration avec Guillaume Guilpart et Simon Thompson à Paris Print Club, Paris.

Jérôme Dubois est né en 1989 à Reuil-Malmaison. Il vit et travaille à Asnières.

Cette œuvre a été réalisée dans le cadre de la commande Emanta.
Confiée à des auteurs de bande dessinée et à des artistes la commande d’œuvres d’art imprimé, Emanata* dévoile douze créations originales qui témoignent de la singularité de la création contemporaine et des images. Initiée par le ministère de la Culture dans le cadre de « BD 2020, l’année de la bande dessinée », cette commande, portée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en partenariat avec l’Association de développement et de recherche sur les artothèques (Adra) et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, d’Angoulême, vise à souligner les liens qu’entretient la bande dessinée avec les arts visuels dans la création contemporaine. Les artistes retenus, par un comité de sélection composé de représentants des commanditaires et des artistes Marion Fayolle et Jochen Gerner, affirment leur appartenance à l’imaginaire et aux codes de la bande dessinée et de l’image graphique et développent des recherches prospectives et expérimentales. Dans la lignée de Nouvelles Vagues (2010–2018) et de nombreux autres programmes de commande menés depuis 1989, Emanata* crée également un terrain de rencontres et d’échanges de savoir-faire entre artistes et artisans d’art, tout autant passeurs d’images et d’imaginaires.
Les œuvres réalisées sont conservées au sein des collections du Cnap, des artothèques et de la Cité  internationale de la bande dessinée et de l’image et viennent enrichir un patrimoine vivant. Destinées par essence à être diffusées largement, les six cent soixante-cinq estampes sont mises à la disposition à la fois
des administrations ou des services de l’État mais aussi des emprunteurs des artothèques. Ce deuxième partenariat avec l’Adra — le premier ayant donné lieu à la commande de multiples Quotidien, en 2019 — permet à nouveau de faire circuler des œuvres de l’espace collectif vers celui de l’intime et de toucher ainsi
un public élargi.

Le jardin

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Chaque œuvre de Victor Cord’homme est en mouvement ou feint de l’être grâce à divers procédés : les peintures aux couleurs vives, parfois enfantines, sont construites comme des labyrinthes dans lesquels le spectateur est invité à se perdre. Formes, rythmes, ornementations les composent et cultivent des paradoxes de sens et de symboles.

Chaises qui courent / sapins

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Chaque œuvre de Victor Cord’homme est en mouvement ou feint de l’être grâce à divers procédés : les peintures aux couleurs vives, parfois enfantines, sont construites comme des labyrinthes dans lesquels le spectateur est invité à se perdre. Formes, rythme, ornementations les composent et cultivent des paradoxes de sens et de symboles.

Sans titre

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Marcel Cavelier est devenu peintre dans les années 50. Ce sont des paysages, surtout normands, à la gouache comme à l’acrylique composent ses œuvres. Il est également graveur.

Marcel Cavelier travaille le motif de l’univers rural auquel sa vie se réfère. Ses peintures composées de larges touches, aux couleurs affirmées sont soucieuses d’exprimer l’atmosphère des lieux en prise avec les éléments naturels et les saisons. Ici c’est le vent qu’il convoque, il vient balayer la végétation qui devient flottante.

 

Earth’s first evening Jimi Hendrix less

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Représenté par plusieurs galeries en France et à l’étranger, son travail a été montré lors de nombreuses expositions personnelles (CRAC Alsace, Micro-Onde de Vélizy villacoublay, Cap Saint-Fons, Grimm Rosenfeld à New York, Galerie Eva Hober et Almine Rech à Paris, Manzoni Schäper à Berlin).

« Je peins comme un voleur en fuite du réel, des naufrages, des attentats, un singe en ca-vale, un hibou en flammes, des habitats contrefaits, un coussin et un otage sur fond mélangé : brouillard, bruit blanc, lumière noire.
Les fonds rongent le sujet, les couleurs se salissent dans l’urgence d’en découdre avec la sur-face, le dessin se dissout dans la nécessité de compter les coups de pinceaux.
Le problème est de savoir ce qu’on voit, ce qu’on sait, et de la façon dont le souvenir se fa-brique. Puis le manipuler, le rendre transparent, incandescent même.
Tout se passe en peignant, en pensant à un monde dont les hommes auraient fui. Dès lors les petites choses se mettent à s’agiter, à s’agacer, à devenir violentes. Des tableaux orphe-lins. Quelques animaux figurent, histoire de faire sentir qu’on est un peu près du « sur le fil ». Des survivants se déguisent en singe pour pouvoir figurer à nouveau.
Ce qui compte est de montrer les détails de ce qui doit rester secret, de faire dire aux se-conds rôles les répliques de la dernière scène : (Voix-off) Pour seul décor des chambres dans un hôtel bon marché. Ce qui peut s’y passer fait peur parce que toutes les portes sont closes et les murs vibrent. Serrées les unes contre les autres, les bruits circulent. Comme les restes d’un feu. »

Damien Cadio